Nat Anel

Bee

qui êtes-vous 

Propos recueillis par Liliane Potier

La première question que j'ai envie de te poser, est : qui es-tu Nat ?

Comment dire... je suis une expérimentatrice  passionnée. Il m'est indispensable, vital  de concevoir, faire naître et grandir.... Tout autant nécessaire que  de laisser partir, s'émanciper pour se reformer... ailleurs. Peut-être ? 

Des nouvelles, des chroniques, un feuilleton érotique, des pièces de théâtre...

Les versions audio qui sont des mises en scène, en quelque sorte, de tes  propres nouvelles ?

Et aujourd'hui tu donnes ta voix  au Decameron de Boccace ... Tu n'arrêtes pas !

Arrêter ? Eh bien, cela m'arrive parfois, inopinément : une panne, rien ne se passe, rien ne se créé ! J'ai très peur que plus rien n'arrive jamais ! C'est véritablement une horrible sensation ! 

"Mettre en scène" : c'est présomptueux, mais il est vrai que dans la lecture d'un texte à haute voix, il y a un peu de cela. Avec le recul, je pense que certaines de mes nouvelles furent écrites pour être dites.

Cette dimension théâtrale, je l'ai ressentie rapidement en travaillant avec le comédien Alain FLoret, au cours des enregistrements (les nouvelles étaient toutes destinées à être interprétées par lui).

Je reprends possession de mes textes, pour en achever le travail et leur donner une voie autre... (à part la nouvelle "Vie de chien", si magistralement interprétée par A.Floret )

Boccace...Pourquoi cet auteur en particulier

Extrait de la préfaceDecameron
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Ma rencontre, si je puis dire, avec Boccace, s'est faite il y a un an : je trouvai dans la bibliothèque d'un de mes amis : le Decaméron" dont j'avais entendu parler comme d'un recueil de contes égrillards - ce qui n'est pas tout à fait vrai-. 

Tu sais, nous disons : "Ah les Contes de Boccace !" comme on dirait : "Ah! les fables de La Fontaine"... ou encore : "Ah! L'enfer de Dante!", d'un air entendu... mais je me suis rendu compte qu'assez peu de personnes -et j'en fus-, ont vraiment lu le Decameron ou La Divine Comédie, et généralement l'on se contente des fables les plus connues et ressassées de Jean de La Fontaine... J'ai donc ouvert ce livre et ne le quittai plus.

Je n'imaginais pas encore en faire une version audio.

 

Un texte du moyen âge, écrit en italien, traduit en français du XIXème...

Cela ne doit pas aller de soi !

La difficulté du texte réside dans sa structure particulière et la la longueur des phrases. 

A tel point que le lecteur, s'il n'est pas attentif, peut arriver à la fin de la phrase, en en ayant complètement oublié le début ! La ponctuation, les pauses, la respiration, la tonalité du diseur et sa diction sont donc déterminantes pour une bonne compréhension du récit.  

Boccace clame la liberté de conscience et la dignité humaine.

Il n’hésite pas à déclarer que tous les hommes naissent égaux, que la seule noblesse est celle de l’intelligence et de la vertu, non de la naissance et du hasard.

Il s'attaque aux dogmes, fustige moines et prélats, toutes religions confondues.

Il est d'une grande audace face aux bûchers de l’Inquisition !

 

Lorsque l'on s'intéresse  à l'Histoire,  on se rend compte que bien des personnes, des siècles avant nous, ont eu conscience que l'humanité allait à sa perte, si l'Homme persistait dans son obscurantisme, ses croyances de toute puissance et d'éternité! 

Boccace tient en cela un discours fort moderne, je trouve, qui pourrait être écrit de nos jours.

C'est une oeuvre qui semble gigantesque ! 

As-tu une estimation du temps que cela va te prendre ?

J'ai déjà débuté l'enregistrement du Decameron de Giovanni Boccaccio ( Jean Boccace), (XIVè). J'ai choisi la traduction de 1879 par Francisque Reynard, qui a traduit également la Divine comédie de Dante (XIVè). Dante dont Boccace était un grand admirateur !

C'est, en effet, un gros travail... d'autant que je me mêle de tout : enregistrement, arrangement, mixage, vidéo de présentation...

Je me donne un an et demi, pour achever ce défit personnel...

La première nouvelle du Decameron est l'histoire de ser Ciappelletto, un fieffé coquin ! Et comment ses fausses confessions vont convaincre un prêtre -à son chevet lors qu'il en train de passer de vie à trépas-, de lui donner l'absolution... En voici un extrait :

 

 

Moi oui, néanmoins, je déposerai mon écot, ici,  au fil du temps, ainsi toute personne intéressée par ce travail, pourra en consulter l'évolution sur le site ecouter-lire.com et les réseaux sociaux, à travers des extraits, voire les publications de nouvelles entières. On pourra commenter, critiquer, me conseiller... pourquoi pas ?

Je continue parallèlement la fabrication des versions audio de mes nouvelles, téléchargeables, depuis le site.

Et bien entendu j'écris d'autres histoires !

 

Tu vas disparaître durant tout ce temps ?

travaux récents

2019/2020 :

-Début des enregistrements du Decameron de Boccace,

la version traduite de l'italien par  Franciques Reynard. 

-Conception et réalisation  des versions audio de mes nouvelles

Trois opus sont achevés :

Indulto, Matinales, Carte postale

Neuf histoires, en tout,  racontées par le comédien Alain Floret et moi-même 

-Ecriture de  trois pièces de théâtre sous mon alias Nat'Anel Bee. 

( Pièces d'environ 45 minutes, pour le théâtre de divertissement : Vaudeville)

Le secret d'Alice, La fête à Mozart , Pères putatifs.

Un recueil de 3 nouvelles :

Le journal de Jane Doe

(titre éponyme d'une des nouvelles du recueil)

La voix, Départ, Le journal de Jane Doe

Un feuilleton érotique  :

Il n'y a pas d'âge pour l'amour...

2017/2018 :

- C17Infos me commande 27 chroniques de deux minutes.

Elles seront diffusées chaque soir durant septembre 2017.

J'écris  les recueils : Nouvelles en forme de Poire et Lettres d'amour en Cartésie.

- 2016/2017, je conçois le guide historique:

"Béarn, berceau aérien d'histoires, de rêves et d'azur" (édition Altas).

Commandé par Paolo Pierri l'ouvrage de finira chez Atlas.

Un guide, textes et iconographies, dont je suis assez fière, six mois de travail sur place. Des paysages époustouflants, une histoire tellement riche, Ma "rencontre" de Gaston Phoebus ! Celle, au Pays Basque, de l'unique fabricant de "Makhila" à Laressore : Ainciart Bergara.